Le moteur tient ses promesses, le gabarit non. En une heure nous avons obtenu quinze secondes de vidéo réellement à nous ; les vingt suivantes portaient encore le nom du produit de quelqu’un d’autre, et il a fallu corriger du TypeScript pour que le rendu accepte de démarrer.
video-shotcraft est une compétence pour Claude Code et Codex : vous décrivez la vidéo, l’agent écrit le code, Remotion la rend en MP4. Le dépôt annonce 152 fiches de plans, 209 aperçus de mouvements et un gabarit complet déjà validé, « Ink Press ». Il est sous licence Apache 2.0 et porte 8,1 k étoiles.
Nous l’avons pris au mot : fabriquer la vidéo de démonstration de geeks.fr.
Ce que ça coûte à installer
Le clone pèse 99 Mo et prend 6 secondes. Le gabarit tire ensuite 185 paquets npm, soit
205 Mo, et npm audit signale 5 vulnérabilités, dont 3 hautes.
Puis vient le chiffre qui compte : 42 secondes de rendu pour 36,2 secondes de vidéo, en 1920x1080 à 30 images par seconde, h264 et audio aac, 20,7 Mo à 4,58 Mbit/s. Sur une machine de bureau, sans GPU dédié, sans compte, sans clé d’API. C’est rapide, et le résultat a vraiment l’allure d’un film de produit : mouvements de caméra en 2,5D, coupes calées sur le son, trente et un effets sonores épinglés à l’image près.
Le gabarit n’est pas vide
Première surprise en ouvrant une image du gabarit livré : ce ne sont pas des placeholders, ce sont les captures d’un outil de recherche interne, avec son interface en chinois.

La documentation décrit le travail comme un remplacement d’images. C’est faux dès la deuxième scène, et voici pourquoi.
La table de coordonnées, la bonne surprise
Chaque élément qui vole à l’écran est positionné par un fichier live-layout.json qui donne
les coordonnées en pixels de chaque carte de la page. Refaire cette table à la main pour un
nouveau site serait une soirée entière.
Elle se génère. Un script de vingt lignes lit le DOM de la page, récupère le rectangle de chaque carte, découpe les PNG correspondants et écrit le JSON : dix cartes de notre accueil en 2,3 secondes. Le piège est la déduplication, une carte imbriquée dans un lien rendant deux rectangles quasi confondus. C’est le même réflexe que pour notre inventaire des agents installés : quand une donnée existe déjà dans la machine, on la lit plutôt que de la ressaisir.
Puis le rendu a planté
Une fois nos coordonnées en place, le rendu s’arrête net. La cause tient en une ligne, dans
SceneFlyIn.tsx :
const nanoIdx = grid.findIndex((c) => c.title.includes('nano-lab'));
La scène cherche le titre d’une carte du produit d’origine. Sans elle, l’index vaut -1, l’objet est indéfini, et React s’effondre. Le gabarit vendu comme un échange d’images est couplé au contenu de son produit, pas seulement à sa géométrie.
Le reste s’est révélé au même endroit : le logotype est écrit en dur dans deux fichiers, la signature dans un troisième, les six sous-titres dans un quatrième, et six lignes de journal hebdomadaire en chinois dans un cinquième. Aucun fichier de réglages ne les rassemble.

Dernier écueil, silencieux celui-là : une capture pleine page trop haute fait tomber le
décodeur de Chrome avec un EncodingError, le rendu se termine quand même, et la page
manquante ne se voit qu’à l’image.
Notre avis
Le moteur est excellent et l’outil mérite d’exister. Ce qui est annoncé comme un gabarit réutilisable est en réalité le film d’un produit précis, dont on hérite du contenu. Comptez une heure pour la première scène, et autant par scène suivante.
Deux points à connaître avant de s’y mettre. Le fichier d’instructions que lit l’agent,
SKILL.md, est uniquement en chinois : seul le README est traduit. Et Remotion, le moteur
de rendu, est gratuit pour les particuliers et les petites équipes, payant pour les
entreprises. Le code de video-shotcraft est libre, ce sur quoi il s’appuie ne l’est pas
entièrement.