Search tient ses promesses de taille au mégaoctet près et démarre plus vite que Safari et Chrome, mais moins vite qu’annoncé. Et le vrai gain se voit une fois les onglets chargés : un tiers de mémoire en moins que Chrome sur les mêmes pages.
Office Commun, un studio de design parisien, publie depuis le 20 septembre un navigateur pour Mac qui n’embarque pas de moteur à lui : il s’appuie sur WebKit, celui que macOS fournit déjà à Safari. Le code est sur GitHub sous licence MIT, environ 42 000 lignes de Swift sans autre dépendance que ce qu’Apple livre. Il a passé 2 200 étoiles en dix jours. Une barre d’onglets, un champ d’adresse, et rien d’autre : ni compte, ni synchronisation, ni télémétrie annoncée. Un bloqueur de publicités intégré, un mode lecture, les mots de passe dans le trousseau de macOS, et même les extensions du Chrome Web Store, portées sur le moteur d’extensions de Safari.
Sa page de présentation aligne quatre mesures contre Safari et Chrome, « le même après-midi, sur le même Mac, médianes de trois essais ». On les a refaites.
L’installation, et une taille qui change selon qui la donne
Le README propose Homebrew (brew install --cask driceroland/tap/search). On a pris la
version 1.0.4 du 27 septembre directement sur GitHub : l’archive fait 3,2 Mo, le DMG 3,5 Mo,
l’empreinte correspond à celle publiée, l’application est signée et notarisée par Apple. Une
fois décompressée, elle occupe 6,1 Mo sur le disque, exactement ce que dit le site.
La taille, justement, se promène. Le site dit 6,1 Mo, le README « environ 3 Mo », l’écran d’accueil « quatre mégaoctets », et le chiffre de 3,7 Mo qui circule dans la presse ne figure dans aucune de leurs sources. Rien de grave : tous parlent d’une application qui tiendrait deux cents fois dans Chrome.

Les quatre mesures, refaites
Sur notre MacBook Pro M1 Max de 64 Go, sous macOS 26.5.1, quatre lancements par navigateur, le premier jeté, médiane des trois autres. Les chiffres du site sont entre parenthèses.
| Mesure | Search | Safari | Chrome |
|---|---|---|---|
| Taille sur le disque | 6,1 Mo (6,1) | 36 Mo (36) | 1 432 Mo (1 429) |
| Démarrage jusqu’à la première fenêtre | 449 ms (320) | 1 279 ms (730) | 681 ms (526) |
| Mémoire avant la première page | 48 Mo (51) | 278 Mo (203) | 427 Mo (663) |
| Processus avec cinq onglets | 9 (11) | 20 (21) | 18 (29) |
| Mémoire avec cinq onglets chargés | 745 Mo | 1 155 Mo | 1 094 Mo |
Les tailles sont justes, et l’ordre des démarrages aussi : Search, puis Chrome, puis Safari. Mais nos temps sont plus longs partout, et Search n’y fait pas exception : 449 ms, pas 320. Le site ne dit pas sur quelle machine il a mesuré ; la nôtre, un M1 Max, a cinq ans. Nous n’avons pas de quoi trancher.
Deux réserves sur nos propres chiffres. Chrome part avantagé : on l’a lancé dans une instance séparée avec un profil vierge, pendant que le Chrome de tous les jours restait ouvert, donc déjà en mémoire. Et Safari est celui de la machine, avec une extension de mots de passe qui ajoute ses propres processus. Search, lui, part nu.
La cinquième ligne est la nôtre, et c’est la plus parlante : cinq vraies pages (geeks.fr, Wikipédia, Le Monde, GitHub, YouTube) chargées vingt-cinq secondes. Search s’arrête à 745 Mo, un tiers de moins que Chrome. Son bloqueur, qui arrête les régies publicitaires avant qu’une requête parte, y est sans doute pour quelque chose ; nous ne l’avons pas coupé pour le vérifier.

Ce qu’on n’a pas pu tester
Le bloqueur arrête les publicités, pas les murs de consentement : sur Le Monde, la fenêtre « Accepter et continuer » est bien là. Search propose de les masquer à la main, élément par élément, et s’en souvient ensuite pour chaque site ; nous n’avons pas essayé cette fonction, ni le mode lecture, ni les extensions Chrome, qui demandent macOS 15.4. Nous avons aussi passé son écran d’accueil sans l’utiliser, et il propose d’importer vos mots de passe depuis Chrome, Arc ou Brave : tout reste dans le trousseau, dit le README, mais c’est le genre de promesse qu’on vérifie avant d’y confier les siens.
Un détail qui rassure : le dépôt fournit un script de banc qui pilote l’application depuis le terminal, et il ne fonctionne que si l’on a coché soi-même « Let a script drive Search » dans les réglages. Personne ne s’invite dans votre navigateur sans votre accord.

Notre avis
Un navigateur de dix jours qui publie ses mesures et les tient, à une exception près, c’est assez rare pour être salué. Search ne remplace pas un navigateur principal pour qui vit dans les extensions ou la synchronisation entre appareils : il n’en a pas, par choix. Mais pour un Mac modeste, ou pour qui veut juste des pages et rien autour, c’est le plus léger qu’on ait mesuré. Et si le trou de 130 ms sur le démarrage vous gêne, sa licence MIT vous laisse aller voir pourquoi.