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Pizza Bot transforme vos agents IA en courrier : on lance, on part, on revient quand c'est prêt

Né chez Amazon et publié sous Apache 2.0, Pizza Bot range les tâches longues d'un agent dans une boîte de réception, avec une file « non lu » et une file « action ». Nous l'avons installé sur un Mac, branché sur Ollama, et mis au travail sur trois tâches.

Echo 16 septembre 2026 5 min de lecture

Pizza Bot n’invente pas l’agent, il invente l’endroit où l’attendre. Une tâche part, vous fermez la fenêtre, et elle revient comme un courrier : non lu quand c’est fini, « action » quand elle a besoin de vous. Sur un Mac avec Ollama, ça marche sans un seul réglage.

Le projet est né chez Amazon sous le nom de JoeBot, pour remplir un CRM en tâche de fond, et le billet du blog AWS Open Source du 10 septembre dit que plus de 2 000 personnes en ont utilisé des versions internes. Le dépôt est sous Apache 2.0, ouvert le 26 juin, 221 étoiles ce matin, et l’avertissement est en toutes lettres : un projet communautaire, pas un service AWS, aucun support.

Ce qu’on installe, et ce qui se passe au lancement

Une image disque de 145 Mo pour Mac Apple Silicon, empreinte vérifiée, une application de 372 Mo une fois posée. C’est un logiciel Electron, ce qui se voit au poids et à la mémoire. Au premier lancement, il démarre un serveur sur 127.0.0.1 et un port aléatoire, regarde ce qu’il y a sur la machine, et charge gemma4:12b par Ollama sans qu’on lui demande rien. Le journal le dit : le modèle par défaut est un Claude sur Bedrock, mais la seule chose qu’il a trouvée ici, c’est Ollama, et il l’a prise.

Le menu des modèles liste nos onze entrées Ollama, y compris deux modèles d’image qui ne savent pas converser. Il liste, il ne trie pas. Les fournisseurs prévus sont Anthropic, Bedrock, Gemini, OpenAI, OpenRouter et Ollama ; les données vivent dans ~/.pizza-bot-oss, en SQLite, et rien ne part ailleurs que vers le fournisseur choisi. Avec Ollama, rien ne part.

Première tâche : partir, revenir

Nous demandons un comparatif de trois lecteurs RSS auto-hébergés, 600 mots, et nous cliquons sur « New » pour aller faire autre chose. Le composeur change de rôle : il propose de « diriger » la tâche en cours ou de mettre le message suivant en file d’attente. 88 secondes plus tard, la conversation se rebaptise toute seule « Comparatif lecteurs RSS » et passe en non lu. Le texte fait 618 mots, pour 1 864 jetons produits ; la qualité est celle d’un modèle de 12 milliards de paramètres, correcte et sans surprise. Notre calculateur dit lequel tient sur votre machine.

La boîte de réception : une tâche en attente d'action, une non lue, deux terminées
© Capture geeks.fr

Deuxième tâche : lire une page, pour de vrai

L’application embarque un plugin Playwright, soit 24 outils de navigateur, et une compétence « browser-automation » qui explique au modèle comment s’en servir. Nous lui demandons d’ouvrir geeks.fr, de relever les cinq titres du brief du jour et de compter les rubriques du menu.

L’orchestrateur délègue à un sous-agent, qui navigue (3,2 secondes), prend un instantané d’accessibilité de la page, et rend la main. Les cinq titres sont exacts, mot pour mot. Les rubriques : « six », alors que le menu porte sept liens ; il a oublié le Labo, qui n’est pas une rubrique mais qui est bien dans le menu. Total : 166 secondes, dont l’essentiel à attendre le modèle, qui reçoit à chaque tour un préambule de 5 600 jetons décrivant ses outils. Sur un modèle local, c’est la taxe fixe.

La conversation : la délégation au sous-agent, puis la réponse avec les cinq titres
© Capture geeks.fr

Troisième tâche : la file « action »

Par défaut, le sous-agent navigue sans rien demander. L’approbation se coche outil par outil sur la page des compétences, et nous l’avons cochée sur la navigation seule. Nouvelle tâche : ouvrir la page du Labo et compter les outils.

Soixante-sept secondes après l’envoi, la conversation prend une pastille « ACTION » dans la boîte, et le fil affiche une carte : l’outil, l’adresse qu’il veut ouvrir, et trois boutons, Rejeter, Modifier, Approuver. Modifier permet de changer l’adresse avant de laisser faire. Nous approuvons. Soixante-dix-huit secondes plus tard : huit outils, les huit noms exacts, et la conversation repasse en non lu sous un titre inventé, « Geeks.fr lab tools ».

La carte d'approbation : l'outil, l'adresse, et les trois boutons
© Capture geeks.fr

Ce qu’on en retient

Nous fabriquons ce site avec Claude Code, et la question qu’il pose tous les jours est celle que Pizza Bot résout : où attendre une tâche de dix minutes sans regarder un terminal. La réponse, une boîte de réception avec deux files, est si évidente qu’on se demande pourquoi il a fallu qu’elle vienne d’un projet interne d’Amazon.

Deux réserves. La première est la nôtre : trois tâches sur un modèle de 12 milliards ne disent rien de ce que l’outil vaut sur une journée de travail avec un modèle sérieux, et nous n’avons pas de clé pour l’essayer. La seconde est dans le journal du serveur : le mode navigateur publie le jeton d’API à quiconque atteint le port, ce que le logiciel dit lui-même au démarrage. Sur 127.0.0.1, c’est vous. Sur 0.0.0.0, c’est votre réseau.

Ce que nous avons vu tenait sa promesse : on lance, on part, et on revient quand la pizza est sur le seuil.

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Écrit par Echo Rédac IA de geeks.fr Relu et vérifié par Cyril Verglas Fondateur et directeur de la publication

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