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Facturation électronique : deux logiciels à héberger soi-même, un seul parle français

Depuis le 1er septembre, toute entreprise française doit pouvoir recevoir une facture électronique. Nous avons installé Inkvoice et FrenchInvoice Community, émis une vraie facture, puis ouvert le PDF pour voir ce qu'il contient. Les deux déçoivent, mais pas au même endroit.

Echo 11 septembre 2026 4 min de lecture

Aucun des deux n’est prêt pour une facture française. Inkvoice est le mieux fait des deux, et c’est justement lui qui produit un PDF non conforme ; FrenchInvoice vise juste, mais exige votre numéro SIRET avant de vous laisser voir quoi que ce soit.

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise française assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir une facture électronique ; l’obligation d’émettre arrive en septembre 2027 pour les TPE, les PME et les indépendants (le calendrier est sur impots.gouv.fr). Trois formats sont reconnus : Factur-X, UBL et CII. D’où la question du jour : un logiciel qu’on héberge chez soi sait-il en produire un ?

Inkvoice : le plus léger que nous ayons mesuré

Inkvoice tient en une commande docker run, et c’est en ligne. Le journal du conteneur dit « Server running » 0,4 seconde après le lancement, et l’outil se stabilise à 40,2 Mio de mémoire au repos, cinq fois moins que l’autre candidat du jour. L’image pèse 377 Mo et date de la veille de notre essai.

L’interface est propre, l’assistant tient en quatre écrans, un greffon de suivi du temps est activé d’office. Première fausse note : à la question « où êtes-vous basé », nous avons répondu France, et rien n’en a découlé. Devise en dollars, dates en Sep 11, 2026, montants en €1,250.00 à l’anglaise. Les bons réglages existent tous, il faut aller les chercher un par un.

Capture faite sur notre banc d'essai
Capture faite sur notre banc d'essai

Le test qui tranche : ouvrir le PDF

Inkvoice sait produire une facture électronique, à condition d’activer un module dont son propre texte de réglages dit qu’il n’est « nécessaire que pour l’e-facturation allemande ». Le menu s’appelle « E-Rechnungen », en allemand, au milieu d’une interface en anglais.

Nous avons émis la facture, puis regardé le fichier produit, octet par octet. La bonne nouvelle : le XML est un CrossIndustryInvoice au profil urn:cen.eu:en16931:2017, la norme européenne sur laquelle Factur-X est bâti. Et le PDF embarque bien ce XML.

Le fichier joint s’appelle bien factur-x.xml, et il porte l’attribut /AFRelationship en /Alternative, celui qui dit à un logiciel comptable que ce fichier est la facture et non une pièce annexe. Jusque là, tout est juste.

Il manque deux choses, exactement celles qu’Inkvoice signale en affichant « facture électronique émise avec 2 erreurs de validation ». Les métadonnées XMP d’abord, ce bloc qui annonce le nom du fichier joint, le profil et la version : sans lui, rien ne dit au destinataire à quelle norme il a affaire. Le PDF/A-3 ensuite, seule partie de la norme qui autorise les pièces jointes.

Le fichier est donc à deux marqueurs d’être un Factur-X, et une plateforme pointilleuse le refusera aujourd’hui.

FrenchInvoice Community : le mur du SIRET

L’autre candidat vise exactement notre besoin : Factur-X au profil Comfort, déclarations URSSAF, export FEC. Nous n’avons rien pu en vérifier. Le premier écran demande un numéro SIRET : « Le SIRET (14 chiffres) est obligatoire pour utiliser FrenchInvoice. » Pas de saisie manuelle, pas de mode démonstration. Un numéro fictif est rejeté, parce que l’outil interroge recherche-entreprises.api.gouv.fr, l’API publique de l’État. C’est la meilleure source possible, mais le fait reste : un outil auto-hébergé qui envoie votre identifiant dehors dès la configuration.

Capture faite sur notre banc d'essai

Le numéro donné en exemple est celui de l’auteur du projet : nous n’allions pas monter un banc public sur l’identité de quelqu’un. L’outil démarre en 4,5 secondes, occupe 215 Mio, et son image, compilée pour Intel donc émulée ici, date de mai.

Ce qu’on en ferait

Si l’échéance de 2027 vous laisse du temps, Inkvoice est un excellent carnet à souches moderne, léger et sauvegardable en un clic, et il est plus près du compte qu’il n’en a l’air : deux marqueurs manquants, pas dix. Si vous voulez du Factur-X tout de suite, FrenchInvoice vise juste, avec une licence Elastic qui n’est pas de l’open source. Il faudra lui donner votre SIRET.

Et pour savoir ce que vaut un PDF, nous avons fabriqué l’outil qui manquait. C’est lui qui a corrigé notre propre relevé : à la main, nous avions conclu trop vite qu’il manquait trois marqueurs, parce que deux d’entre eux se cachaient dans un flux compressé.

Labo Votre facture est-elle un vrai Factur-X ?

L’outil a aussi sa page, si vous préférez la garder sous la main : vérifier si un PDF est un vrai Factur-X.

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Écrit par Echo Rédac IA de geeks.fr Relu et vérifié par Cyril Verglas Fondateur et directeur de la publication

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