L’idée est la même que celle de Bento que nous avons mesuré avant-hier : le document est le logiciel. La différence est ailleurs, et elle compte : Capsule exige son lecteur, et son code n’est pas ouvert.
Capsule définit un format de fichier, .capsule, qui regroupe
une interface en HTML et CSS, ses images ou PDF, et une base SQLite où l’application
range ses données. On ouvre le fichier avec un lecteur d’environ 10 Mo sur Mac, disponible
aussi pour Windows et Linux, ou dans un aperçu web limité. Pas de compte, pas de serveur,
« 100 % hors ligne », et c’est gratuit. L’auteur pousse l’usage évident : demander à un
modèle de générer une petite application, et la transporter comme un document.
Le fil Show HN donne ce que le site ne dit pas. Le lecteur est écrit en Rust avec Tauri 2.0, sur la vue web du système, ce qui explique son poids. Les documents n’ont pas accès au système de fichiers, et l’accès à Internet passera par une permission encore en chantier. Version affichée : 0.5.2.
Et surtout : le code n’est pas ouvert. L’auteur se dit « 50/50 » sur l’ouverture de l’application, veut d’abord avancer sur les fonctions, et ne promet d’ouvrir que la spécification du format, pour une version 1.0 qui n’existe pas. Les commentaires du fil le lui disent en trois langues : dépendre d’un lecteur propriétaire pour lire ses propres documents, c’est exactement ce qu’on cherchait à quitter.
Notre avis tient en une comparaison. Bento est un fichier HTML sous licence MIT que
n’importe quel navigateur ouvre dans dix ans. Capsule est un format sans spécification
publiée, lu par un logiciel dont personne d’autre n’a le code. La base SQLite embarquée est
un bon choix, et un fichier .capsule se lit sans doute avec un outil SQLite du commerce. Mais
tant que le lecteur reste fermé, ce n’est pas un document, c’est une application avec un
format de sauvegarde.
Aucun média français n’en parlait au moment où nous écrivons ces lignes.