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Passer de Windows à Linux sans casse

Windows 10 n'est plus supporté depuis octobre 2025, mais vous avez jusqu'en octobre 2027 pour souffler. Quelle distribution choisir, comment migrer sans rien perdre, et ce qui coince vraiment.

Cyril Verglas 16 août 2026 6 min de lecture

Windows 10 n’a plus de support depuis le 14 octobre 2025, mais vous pouvez encore recevoir des correctifs de sécurité jusqu’au 12 octobre 2027 : vous avez le temps de migrer proprement, et c’est exactement ce qu’il faut faire.

On lit partout que le couperet tombe en octobre 2026. C’est faux, et ça vaut la peine de le corriger avant tout le reste.

Où vous en êtes vraiment

Windows 10 a bien atteint sa fin de support le 14 octobre 2025. Depuis, plus de correctifs par le canal normal.

Mais Microsoft a ouvert un programme de mises à jour de sécurité étendues pour les particuliers, qui court jusqu’au 12 octobre 2027. L’inscription reste possible jusqu’à cette date, et elle est gratuite si vous acceptez de synchroniser vos paramètres, ou contre 1 000 points Microsoft Rewards, ou 30 dollars une fois pour dix appareils.

Autrement dit : vous avez quatorze mois. Pas de bascule dans la panique un dimanche soir.

Reste la vraie question. Si votre machine ne passe pas sur Windows 11, faute de TPM 2.0 ou d’un processeur sur la liste, vos options sont d’acheter un PC, de vivre avec un système en sursis, ou de changer de système. C’est là que Linux devient intéressant, et pas seulement par idéologie : une machine de 2016 qui rame sous Windows redevient vive.

Labo Ce PC passe-t-il sous Windows 11 ?

    Windows 10 n'est plus mis à jour depuis octobre 2025. Si ce PC ne passe pas, la réponse n'est pas forcément d'en racheter un.

    Si la réponse est non, ne rachetez rien avant d’avoir lu la suite.

    Quelle distribution

    Une seule règle : prenez celle qui ressemble à ce que vous connaissez, vous changerez plus tard si l’envie vient.

    • Linux Mint, édition Cinnamon. C’est le choix par défaut pour qui vient de Windows : menu en bas à gauche, barre des tâches, gestionnaire de fichiers classique. Rien à réapprendre le premier jour. Si vous hésitez, prenez celle-là.
    • Ubuntu LTS si vous voulez la distribution dont tous les tutoriels du web parlent. L’interface dépayse un peu plus.
    • Fedora Workstation si vous aimez avoir les versions récentes et que la nouveauté ne vous fait pas peur.
    • Zorin OS si l’aspect « ça doit ressembler à Windows » compte vraiment pour vous.

    Évitez pour un premier pas les distributions qui se montent à la main. Elles sont excellentes, ce n’est simplement pas le moment.

    Avant de toucher à quoi que ce soit

    Cette section est la seule où une erreur coûte cher. Les trois points ci-dessous sont ceux qui transforment une migration tranquille en soirée blanche.

    1. Sauvegardez, vraiment. Un disque externe, vos documents, vos photos, vos mots de passe exportés. Pas « je copierai après », maintenant. Une migration se passe bien dans 95 % des cas, et la sauvegarde sert précisément pour les 5 % restants.

    2. Récupérez votre clé de récupération BitLocker. Windows chiffre le disque tout seul sur beaucoup de machines récentes, sans vous demander votre avis. Si vous redimensionnez la partition sans avoir cette clé sous la main, vous pouvez vous retrouver enfermé dehors de vos propres données. Elle se récupère dans votre compte Microsoft, rubrique appareils. Notez-la sur papier.

    3. Désactivez le démarrage rapide. Windows ne s’éteint pas vraiment quand vous l’éteignez : il hiberne. Résultat, Linux voit une partition Windows verrouillée et refuse d’y écrire. Panneau de configuration, options d’alimentation, décochez « Activer le démarrage rapide ». Et faites un vrai redémarrage.

    Essayez avant d’installer

    C’est l’étape que tout le monde saute et c’est la plus utile.

    Créez une clé USB avec l’image de la distribution (Rufus sous Windows, ou balenaEtcher), démarrez dessus, et choisissez « essayer » plutôt que « installer ». Vous obtenez un système complet qui tourne depuis la clé, sans rien toucher à votre disque.

    Là, testez ce qui compte pour vous : le Wi-Fi se connecte-t-il ? Le son sort-il ? Le pavé tactile, la luminosité, la webcam, l’imprimante ? Si tout répond en session live, l’installation se passera bien. Si le Wi-Fi ne monte pas, vous venez de vous épargner une très mauvaise surprise, sans avoir rien perdu.

    L’installation

    Deux chemins.

    Le double démarrage garde Windows et ajoute Linux à côté, avec un menu au démarrage. C’est le filet de sécurité, et je le recommande pour les trois premiers mois. L’installateur de Mint propose « installer à côté de Windows » et fait le partitionnement pour vous.

    La bascule complète efface tout et n’installe que Linux. Plus simple, plus propre, plus rapide. À réserver au moment où vous savez que vous ne revenez pas.

    Dans les deux cas, prévoyez 40 Go minimum pour Linux, et branchez le chargeur.

    Ce qui coince vraiment

    Voilà la partie que les guides enthousiastes oublient.

    Les jeux compétitifs à anti-triche noyau ne passent pas. Valorant, Fortnite, Destiny 2 et compagnie refusent Linux, et ce n’est pas une question de réglage : leur anti-triche exige un accès que Linux ne donne pas. Le reste du catalogue Steam tourne en revanche très bien via Proton. Avant de basculer, vérifiez vos jeux sur ProtonDB : cinq minutes qui évitent un regret.

    La suite Adobe n’existe pas sous Linux, et les contournements ne sont pas fiables. Si Photoshop ou Premiere paient vos factures, gardez un Windows en double démarrage. GIMP, Krita et DaVinci Resolve couvrent beaucoup de besoins, mais ce ne sont pas les mêmes outils, et prétendre le contraire serait vous mentir.

    Microsoft Office non plus. La version web fonctionne, LibreOffice et OnlyOffice aussi, mais si vous échangez des documents Word très mis en forme avec des collègues, attendez-vous à des décalages.

    Le matériel exotique demande parfois du travail : certaines imprimantes multifonctions, quelques cartes Wi-Fi, du matériel audio pro. C’est précisément ce que la session live vous a permis de vérifier.

    Notre avis

    Migrez sur une machine secondaire d’abord, ou en double démarrage, et donnez-vous un mois. La question n’est pas « est-ce que Linux est bien », elle est « est-ce que mes cinq usages quotidiens passent ». Faites la liste de ces cinq usages avant de commencer : c’est elle qui décide, pas les avis sur internet.

    Et si vous découvrez que votre vieille machine repart pour cinq ans, vous saurez quoi en faire : elle fera un excellent premier serveur, et notre guide sur l’auto-hébergement vous attend.

    #Linux #Windows #Linux Mint #migration #tutoriel #guides
    Écrit par Cyril Verglas Fondateur et directeur de la publication

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