TL;DR : si vous l’installez, faites-le en mode profil vierge. Le mode qui reprend vos sessions ouvertes donne à un agent tout ce que votre navigateur sait de vous, et ça ne se répare pas après coup.
Les agents qui naviguent butent toujours sur le même mur. On leur donne un navigateur automatisé, propre, sans historique, et les sites le repèrent en trois secondes : pas de cookies, une empreinte trop nette, un navigator.webdriver qui traîne. L’agent passe son temps devant des murs anti-robot au lieu de travailler.
NeoBrowser prend le problème par l’autre bout : au lieu de fabriquer un faux navigateur crédible, il utilise le vôtre. C’est un serveur MCP, donc branchable sur n’importe quel client compatible, qui pilote une vraie instance de Chrome par le Chrome DevTools Protocol. Quarante-trois outils : naviguer, cliquer, saisir, remplir un formulaire, télécharger, capturer l’écran.
Trois modes, et un seul mérite un avertissement
Par défaut, il lance un profil vierge. Rien de vos données, et le comportement d’un Chrome normal parce que c’est un Chrome normal.
Le deuxième mode se rattache à un Chrome déjà lancé, pratique quand vous voulez voir ce que fait l’agent.
Le troisième reprend votre vraie session : il déchiffre les cookies de votre profil Chrome via le trousseau du système. C’est là qu’il faut s’arrêter. Un agent qui hérite de vos cookies hérite de vos comptes : votre messagerie, votre banque si vous y êtes connecté, votre espace de travail. Le dépôt le dit sans détour, l’outil « agit en votre nom » et ces fichiers sont « à traiter comme n’importe quel secret ». C’est une option à activer, jamais le défaut, et les cookies d’identité Google, LinkedIn et Microsoft en sont exclus pour ne pas vous déconnecter en chemin.
Ce qui nous a convaincus : ce qu’il refuse de promettre
Sur les captchas, la plupart des outils de cette famille survendent. Celui-ci détecte reCAPTCHA, Turnstile et les murs anti-robot, prévient le modèle, et rend la main. Il ne prétend pas passer au travers, et le dépôt explique même pourquoi une session sans cookies est en soi un signal détectable.
Cette honnêteté-là vaut plus qu’une promesse. Un outil qui annonce ses limites est un outil dont on peut lire les autres affirmations.
Techniquement, c’est propre : réécrit en Rust, un binaire statique de 4 Mo, licence MIT, et une intégration continue qui rejoue les tests d’empreinte à chaque envoi de code.
Notre avis
Le projet est très jeune, 77 étoiles, et l’installation passe par un script téléchargé puis exécuté d’une traite : lisez-le avant, comme toujours. Mais l’idée est juste, et elle dit quelque chose de la suite. Le web se protège des robots en reconnaissant les navigateurs anormaux. La réponse évidente était de rendre les robots normaux, et elle est là.
Reste la question que personne n’a envie de poser : à partir de quand confie-t-on ses sessions ouvertes à un logiciel qu’on n’a pas lu ? Nous, jamais. Vous, c’est votre appel, mais faites-le en connaissance de cause.
À côté de ça, les outils du Labo ne demandent aucun compte et ne sortent jamais de votre navigateur. Ce n’est pas le même métier, c’est le même principe.