TL;DR : un carnet d’entretien auto-hébergé qui parle français et connaît le contrôle technique, en deux conteneurs et 86 Mio de mémoire. Trois étoiles sur GitHub, et pourtant plus fini que bien des projets qui en ont mille.
Le homelab est anglophone. Les outils de suivi de véhicule qu’on y croise comptent en miles, ignorent le contrôle technique et vous renvoient vers des stations du Michigan. RideLog prend le problème par l’autre bout : il est écrit pour la France, et son auteur cherchait des testeurs sur r/selfhosted la veille de cet essai.
Deux conteneurs, et c’est debout
git clone, cp .env.example .env, deux secrets à générer, docker compose up -d. 274 Mo d’images en 4 secondes, deux conteneurs sains au bout de neuf, et l’interface qui répond sur le port 3100. Pas de base de données séparée : un fichier SQLite dans ./data/.
86 Mio de mémoire au repos, backend et frontend compris, et des images qui couvrent l’arm64 : un Raspberry Pi suffit. Si vous en êtes à vous demander ce qui doit tourner en permanence et ce qui s’allume à la demande, celui-ci coûte assez peu pour rester allumé.
Le fichier .env.example mérite une mention. Le backend refuse de démarrer si vous laissez le secret d’exemple, il explique pourquoi, avertit que le service est servi en HTTP simple, et détaille le piège du bloc d’adresses trop large dans les proxys de confiance. De la documentation de sécurité, pas une liste de variables.
Ce qu’il fait vraiment
On saisit un véhicule, et le calendrier se remplit seul. Pour une Clio de 2016 à 142 000 km : dix entretiens attendus, chacun avec sa périodicité (10 000 km ou 12 mois pour la vidange) et sa fourchette de coût. Le total annoncé, 720 à 1 355 euros, donne une idée de ce qui a été négligé. Sept lignes de plus pour une moto de 2021.
Le décodage de VIN marche, et sans clé : 1HGCM82633A004352 rend une Honda Accord 2003, 2998 cm³, six cylindres, en 281 millisecondes, via le service public américain NHTSA. Le décodage de plaque française, lui, demande une clé chez un service tiers, gratuite jusqu’à dix requêtes par mois.
Deux pleins suffisent à obtenir la consommation : 800 km, 93,67 litres, 161,50 euros donnent 5,8 L/100 km et 9,93 euros aux 100 km. Tout est instantané, entre 6 et 15 millisecondes par appel.
Les stations, et le piège qu’on y trouve
C’est la fonction qui n’existe nulle part ailleurs : la recherche interroge prix-carburants.gouv.fr et rend les prix réels, avec la date de chaque relevé.

Le défaut saute aux yeux sur notre capture. Le prix minimum annoncé en gros et en vert pour le Leclerc d’Angers est de 0,815 euro : c’est l’E85. Le gazole de la même station est à 2,145 euros. Comparer des carburants qu’on ne met pas dans le même moteur fausse aussi le classement des stations les moins chères, et un conducteur pressé lit un prix qu’il ne pourra pas payer.
Deux autres irritants : le bandeau affiche « Prices réels de prix-carburants.gouv.fr », et certains relevés datent du 13 juin sans que rien ne le signale au premier coup d’œil. Ce dernier point vient de la source officielle, pas de RideLog.
Un dernier pour les bricoleurs d’API : un code de carburant inconnu rend zéro station, en HTTP 200, sans un mot. Nous avons cherché une panne du gazole sur six villes avant de comprendre que le code attendu était diesel, pas le libellé Gazole affiché à l’écran. L’interface web, elle, envoie le bon.
Ce qu’on en retient
Un projet à trois étoiles, écrit par une personne, plus soigné que la moyenne : mode sombre, partage familial, export des factures en ZIP, webhooks Discord, composant Home Assistant livré avec ses cartes. Il n’existe qu’en français et ne cherche les stations qu’en France, ce qu’on lui demande justement ici.
Ce qu’il lui manque tient en une ligne : comparer ce qui est comparable dans sa liste de prix.