TL;DR : un plaignant américain a caché dans ses conclusions un texte blanc sur blanc, en corps 3, qui ordonnait à toute IA lisant le dossier de trancher en sa faveur. Le juge l’a sanctionné. Détail savoureux : la machine n’a rien vu venir, c’est un humain qui a tiqué.
L’histoire se passe à la Cour supérieure du Connecticut, à Milford. Matthew Elliott, qui se défend seul contre le New York Bariatric Group, soupçonne le tribunal de faire relire les dossiers par une IA. Plutôt que de s’en plaindre, il décide d’en profiter : il glisse dans ses documents des instructions invisibles à l’œil nu, en police blanche de 3 points, demandant à la machine de lui donner raison et d’accorder la requête qu’un greffier lui avait refusée.
Le stratagème n’a pas résisté au papier. En parcourant le dossier, le juge Walter M. Spader Jr. remarque des zones de blanc anormalement larges. Dedans, le texte caché : illisible pour un humain, parfaitement digeste pour n’importe quel logiciel qui avale le fichier.
Verdict le 6 août 2026, dans une décision de quatorze pages intitulée sans détour « Court Sanction for Plaintiff’s Use of Prompt-Injection » : Elliott perd le dépôt électronique et devra porter ses copies papier au greffe, en personne. C’est, à notre connaissance, la première fois qu’un tribunal américain attrape une injection de prompt en pleine nature (la décision détaillée chez Volokh Conspiracy, reprise par 404 Media).
Notre avis : au-delà du culot, l’affaire pose la question que personne n’a envie de formuler. S’il a cru que ça pouvait marcher, c’est qu’il doutait qu’un humain lise son dossier. La leçon technique est vieille comme les LLM : tout document non maîtrisé qu’on donne à lire à un modèle est une surface d’attaque. La leçon humaine rassure davantage : cette fois, c’est un juge intrigué par un blanc bizarre qui a fait le travail.