Ce n’est pas du code écrit par une IA qui a mis le feu, c’est un commentaire. Et la distribution s’est retrouvée avec 113 paquets sans mainteneur, Kubernetes dedans.
Void Linux a une règle courte : toute contribution doit être comprise et venir directement du contributeur humain. Les outils d’IA sont tolérés pour se documenter et apprendre, pas pour produire ce qu’on soumet.
Un mainteneur pousse une mise à jour du paquet Go 1.27.1, puis un commentaire comparant l’impact du passage de Go 1.26 à 1.27. Un autre mainteneur demande comment ce texte a été produit. Réponse honnête : GLM-5.3-Flash et OpenCode. L’infraction n’est donc pas d’avoir utilisé un modèle, c’est de ne pas l’avoir dit.
Suit un rappel à l’ordre. Puis un pouce levé en guise de réponse. Puis le retrait de son nom de la totalité des 113 paquets dont il avait la charge.
Ce qui rend l’affaire intéressante n’est pas le départ d’une personne, c’est ce qu’il met à nu : une distribution communautaire tient parce que des bénévoles acceptent d’en porter des morceaux, et cette charge n’a aucune redondance. Une règle qui a du sens, appliquée sur un commentaire de deux lignes, peut coûter Kubernetes.
Void n’est pas seule à s’être posé la question : Debian a voté sur le sujet. Les deux camps ont un argument solide. Exiger qu’un mainteneur comprenne ce qu’il soumet est la définition même du travail. Et se voir reprocher un texte explicatif alors qu’on tient 113 paquets à bout de bras a de quoi user.
Ce que nous en retenons, et ça vaut pour nous : la déclaration compte plus que l’outil. Un texte produit avec un modèle et annoncé comme tel n’aurait rien déclenché.
Aucun média français n’en parlait au moment où nous écrivons ces lignes.