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Quitter GitHub en 2026 : ce que ça coûte vraiment, et par quoi le remplacer

GitHub a connu 33 incidents en trente jours, dont treize majeurs ou critiques. Zig est parti chez Codeberg, Ghostty a annoncé son départ. Voici les trois façons de sortir, ce qu'on perd à chacune, et comment choisir entre Codeberg, Forgejo, Gitea et GitLab.

Cyril Verglas 18 août 2026 6 min de lecture

TL;DR : mettez en place un miroir aujourd’hui, ça prend dix minutes et ça ne vous engage à rien. La bascule complète, elle, se paie en contributeurs, pas en euros : ne la faites que si vous savez pourquoi.

D’abord, le constat, et il est chiffré

Je n’aime pas les articles qui partent d’une impression. J’ai donc interrogé le flux officiel de githubstatus.com avant d’écrire cette phrase. Entre le 19 juillet et le 18 août 2026 : 33 incidents déclarés, dont 13 majeurs ou critiques, répartis sur 20 jours distincts. Deux jours sur trois.

Le 17 août, une panne classée critique a touché Git, l’API, les issues, les pull requests, les Actions, les Pages et Copilot d’un coup. Le 6 août, une panne des Actions a duré une nuit entière. Et pendant que j’écrivais ce guide, un nouvel incident majeur sur les Actions s’est ouvert et refermé.

Ce n’est pas un ressenti de développeur grognon, c’est le journal de bord de la plateforme elle-même.

Ceux qui sont déjà partis

Zig a basculé le 26 novembre 2025 : le dépôt canonique est chez Codeberg, GitHub est passé en lecture seule. Motif principal : des Actions devenues imprévisibles, qui choisissaient les tâches à lancer, dit l’annonce, à peu près au hasard. Le projet a aussi perdu GitHub Sponsors au passage et redirigé ses dons ailleurs. Ce détail compte plus qu’il n’en a l’air.

Ghostty a suivi le 28 avril 2026. Mitchell Hashimoto, utilisateur de GitHub depuis février 2008, a fait quelque chose de très simple avant de décider : il a tenu un journal, une croix par jour où une panne l’avait empêché de travailler. Presque tous les jours ont fini avec une croix. Sa phrase, que je trouve juste : « je veux coder, et je ne peux plus coder avec GitHub ».

C’est la bonne méthode, et elle est à votre portée : avant de migrer quoi que ce soit, comptez pendant un mois. Si vous n’avez pas trois croix, ce guide ne s’adresse pas à vous.

Les trois niveaux de sortie

Niveau 1 : le miroir, à faire aujourd’hui

Un dépôt Git est déjà un système réparti : chaque copie contient l’histoire complète. Pousser vers deux serveurs au lieu d’un ne demande qu’une ligne :

git remote set-url --add --push origin git@codeberg.org:vous/projet.git

Vous poussez, les deux partent. Codeberg comme une instance Forgejo maison savent aussi tirer un miroir automatiquement depuis GitHub, sans rien changer à vos habitudes.

Ce niveau ne coûte rien, ne casse rien, et couvre le vrai risque : ce n’est pas que GitHub tombe trois heures, c’est qu’un compte soit suspendu par erreur un matin. Si vous ne devez faire qu’une chose après avoir lu ce guide, faites celle-là.

Niveau 2 : la bascule, avec miroir en lecture seule

C’est le choix de Zig : le dépôt de référence part ailleurs, GitHub reste en vitrine figée. Les issues et les pull requests ouvertes ne se migrent pas toutes seules, et il faut l’assumer.

Ce que vous perdez n’est pas technique, c’est social. Le contributeur de passage qui corrige une faute dans votre README ne créera pas un compte sur une forge qu’il ne connaît pas. La découvrabilité par la recherche interne de GitHub disparaît. Les intégrations toutes faites aussi. Et pour un projet financé, GitHub Sponsors ne suit pas.

Niveau 3 : l’auto-hébergement complet

Une instance Forgejo tourne très bien sur un petit serveur. Vous êtes chez vous, personne ne peut fermer votre compte, et la sauvegarde devient votre problème. C’est un vrai engagement : si vous n’avez pas déjà une routine de sauvegarde à laquelle vous faites confiance, commencez par là avant de mettre le code de votre vie sur une machine que vous administrez seul.

Choisir : les quatre destinations

Ce que c’estPour qui
CodebergHébergement gratuit tenu par une association allemande, tourne sous ForgejoLe projet libre public qui veut partir sans rien administrer
Forgejo auto-hébergéLa même forge, chez vousQui veut la maîtrise complète et accepte les sauvegardes
GiteaLe projet dont Forgejo est issu, développé par une sociétéQui veut du support commercial et une offre entreprise
GitLabLa plateforme complète, édition communautaire libreL’équipe qui veut tout au même endroit, au prix de la lourdeur

Le point que personne ne regarde : la gouvernance

C’est là que se joue « être tranquille », et ce n’est pas une question de licence.

Fin 2022, les contributeurs de Gitea découvrent que le projet a été transféré à une société commerciale, Gitea Ltd, sans concertation. Une lettre ouverte part le 25 octobre. Faute de réponse jugée satisfaisante, un fork est annoncé le 15 décembre 2022 : Forgejo, dont la première version stable sort deux semaines plus tard.

Le logiciel n’avait pas changé. Ce qui avait changé, c’est qui décidait. Forgejo est aujourd’hui sous licence GPL v3 ou ultérieure, gouverné collectivement, ses noms de domaine étant détenus par l’association Codeberg e.V. à Berlin, avec une gouvernance distincte de celle de Codeberg.

Voilà la vraie question à poser avant de choisir une forge : qui peut décider seul, demain, de changer les règles ? Une licence libre vous garantit de pouvoir partir avec le code. Elle ne vous garantit pas que le projet restera celui que vous avez choisi.

Ce que je ferais

Le miroir, tout de suite, pour tout le monde. C’est gratuit et c’est la seule chose qui vous protège vraiment.

La bascule, seulement si vos utilisateurs ne sont pas des contributeurs de passage : un outil interne, un projet d’équipe, une bibliothèque avec un noyau stable de mainteneurs. Pour un projet qui vit de ses contributions extérieures, partir de GitHub aujourd’hui, c’est diviser son flux de contributions, et il faut le vouloir.

Et gardez un oeil sur la fédération entre forges : le jour où l’on pourra ouvrir une pull request sur une instance Forgejo depuis son compte Codeberg, la question ne se posera plus dans ces termes. Forgejo y travaille, mais c’est encore expérimental en 2026, avec des manques assumés du côté de la modération.

En attendant, la meilleure réponse à une plateforme qui tombe deux jours sur trois n’est pas de la remplacer par une autre : c’est de ne plus dépendre d’une seule.

L’état des services GitHub · Forgejo · Codeberg

#GitHub #Forgejo #Codeberg #GitLab #Gitea #open source #auto-hébergement
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Écrit par Cyril Verglas Fondateur et directeur de la publication

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