TL;DR : la souveraineté européenne du web passe à 89,6 % par un CDN américain, Claude Code sur mobile tourne dans une microVM Firecracker avec 256 Go de disque, et une clé de 1999 tombe en 32 heures sur un Ryzen.
1. Neuf entreprises européennes sur dix avec un CDN passent par Cloudflare
CipherCue a relevé, par empreinte HTTP et DNS, le CDN de dizaines de milliers de sites d’entreprises européennes. Résultat : 39 547 sur 44 143, soit 89,6 %, sont derrière Cloudflare. Pays-Bas 95,6 %, Royaume-Uni 93,2 %, France 86,2 %, Allemagne 81,4 %, Espagne 78,8 %. W3Techs donne 84,1 % au niveau mondial. Deux précautions : le dénominateur ne compte que les sites où un CDN a été détecté ; et CipherCue vend de la souveraineté aux acteurs européens de la cybersécurité, ce qui ne rend pas le chiffre faux mais dit pourquoi il est publié. Ce n’est pas une nouvelle, c’est une mesure, et elle manquait.
2. Ce qu’il y a dans la machine virtuelle de Claude Code sur mobile
Rohan Adwankar a ouvert un terminal dans les environnements de deux agents mobiles et raconte ce qu’il y a trouvé. Claude Code tourne dans une microVM Firecracker, avec un processus Rust nommé process_api en PID 1, un disque virtio persistant de 256 Go, 430 ms d’initialisation et 6,4 secondes jusqu’au harnais de l’agent, qui pèse 324 Mo. Instinct, l’autre agent étudié, loue des machines E2B sous Ubuntu complet (2 vCPU, 1,9 Go, 29 Go) et persiste la mémoire de l’agent dans un dépôt git sur S3. Hier, Coop enfermait l’agent dans une VM côté poste ; Anthropic fait la même chose côté serveur, avec l’outil que Coop utilise sur Linux.
3. 220 millions d’enregistrements de voyageurs exposés
Kinryū Labs a trouvé le 3 juin, et BleepingComputer rapporte le 8 septembre, un cluster Elasticsearch ouvert contenant 220,7 millions d’entrées d’un système APIS, le registre de passagers que les compagnies transmettent avant chaque vol : 210,3 millions de passagers, 10,4 millions de membres d’équipage, de janvier 2017 à avril 2026. Noms, dates de naissance, nationalités, numéros de passeport et dates d’expiration, vols, sièges. Adresse IP dans l’espace de Viettel à Hanoï, exploitant non identifié, accès fermé le 8 juin. Ce sont des enregistrements, pas des personnes : un voyageur régulier y figure plusieurs fois. Si vous avez transité par le Vietnam depuis 2017, vous y êtes probablement.
4. Les clés d’une autorité de certification de 1999, factorisées sur un PC
Matthew McPherrin a factorisé les deux racines E-Certify RSA 512 Gold livrées dans Netscape 4.51 en mars 1999, l’une pour SSL, l’autre pour S/MIME. Outil : CADO-NFS. Matériel : un Ryzen 9 5950X. Temps : 32 heures et 29 heures. Steve Weis a fait de même avec la racine de test VeriSign d’Internet Explorer 3.02, en une heure environ sur GPU. Les certificats émis ne valent que pour un Netscape 4.51 dont l’horloge serait antérieure à octobre 2003. Ce qui compte, c’est la date : RSA-155, 512 bits, avait été cassé publiquement dès 1999, et ces racines sont restées de confiance jusqu’en 2002. Ce qu’un cluster faisait alors, un bureau le fait aujourd’hui en un jour et demi.
5. Une image de conteneur ramenée de 355 Mo à 36 Mo
Mike Cardwell détaille comment il reconstruit l’image de PowerDNS Recursor : base scratch, binaire statique compilé avec musl, Landlock posé au démarrage, profil seccomp sur mesure sans io_uring, bpf ni memfd_create, et dans Compose read_only, cap_drop: [ALL], no-new-privileges. L’image officielle fait environ 355 Mo et 7 500 fichiers ; la sienne 36 Mo et deux fichiers, reconstruite chaque jour, signée avec cosign, avec sa nomenclature logicielle. Un billet de praticien, dense, où chaque option est justifiée. À lire avant de durcir quoi que ce soit dans un homelab, ne serait-ce que pour les cinq lignes de Compose, qui valent pour n’importe quel conteneur.