TL;DR : quand un moteur de réponse vous recommande un logiciel, la source est parfois une page écrite pour lui, par personne.
Trellner a publié le 2 septembre un décompte qui se passe de commentaire. Trois sites, apparemment sous contrôle commun, dont aucun n’existait avant décembre 2023, ont mis en ligne 215 128 pages « meilleur logiciel » générées par machine. Deux d’entre eux donnent à leur page d’accueil le titre HTML « Facts & Grounding Page » : le public visé n’est pas un lecteur, c’est un modèle qui cherche à étayer sa réponse.
Ça marche. En interrogeant deux modèles branchés au web sur 380 catégories de logiciels, l’étude a récolté 7 534 citations. 59,8 % pointaient vers des domaines classés au-delà du 100 000e rang du classement Tranco, et 23,4 % vers des domaines absents du premier million. Les pages restaient servies et citées à la publication du rapport : ni Perplexity ni Google ne les écartent sur leur origine.
Le référencement pour moteurs de réponse a donc son industrie, et elle a compris avant tout le monde que la citation compte plus que le lecteur. Quand plus personne ne clique, il devient rentable d’écrire pour la machine.
Nous ne sommes évidemment pas neutres : ce site tient sur l’idée qu’un humain choisit les sujets et relit chaque texte, ce que nous expliquons en détail ailleurs, et qui est cher et lent. Face à deux cent mille pages produites sans qu’aucun œil ne les voie, l’argument ne rassure qu’à moitié. Le point à surveiller n’est pas la morale de l’affaire, c’est le filtre : tant que l’origine d’une page ne pèse rien dans le choix des sources, le volume gagne.