TL;DR : le principe du scanner de bureau, retourné. Ici c’est le capteur qui bouge et le monde qui reste immobile, et les images qui en sortent ne ressemblent à rien d’autre.
Un scanner à plat éclaire votre feuille une ligne à la fois et fait glisser la barre lumineuse pour reconstituer la page. Philo a gardé la première moitié du principe et confié la seconde à la SNCF locale.

Ce qu’il y a dans la boîte
Une caméra industrielle Basler ruL2048-19gm, un capteur de 1 pixel de haut sur 2 048 de large, capable de lire 19 000 lignes par seconde. Un objectif 28 mm. Et, pour savoir à quelle vitesse le paysage défile, un accéléromètre six axes, un GPS et un microcontrôleur SAMD21, le tout sur un trépied.
Les images atteignent 56 894 pixels de large pour 2 048 de haut. Le code de capture et celui de post-traitement sont publiés, le projet a été présenté à l’EMFcamp 2026.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi c’est intéressant
Il faut beaucoup de lumière : à 19 000 lignes par seconde, chaque ligne reçoit très peu de photons. En tunnel, le GPS ne sert plus à rien et l’accéléromètre dérive. En couleur, les trois canaux ne sont pas lus au même instant, d’où des franges. Et un objet proche défile plus vite qu’un objet lointain, donc il s’étire.

Aucun de ces défauts n’est réparable, ils découlent du principe. C’est précisément pour ça que ces images ont une tête que personne d’autre n’obtient : on ne photographie pas une scène, on l’enregistre au fil du temps.
Notre avis : c’est le genre de bidouille qui ne sert rigoureusement à rien et qu’on regarde pendant dix minutes. La meilleure catégorie.