TL;DR : quand vous dites « ajoute un paiement », l’agent tranche une décision d’architecture à votre place, et il ne la présente pas comme telle.
Armature a publié le 3 septembre une mesure de ce que les agents de code installent vraiment. Le dispositif est sérieux : 16 893 sessions, dont 5 292 retenues, 1 163 variantes de consignes, 75 dépôts dans 10 langages, et quatre profils d’utilisateur simulés du bricoleur au développeur en grande entreprise.
Le résultat qui compte n’est pas le classement, c’est le désaccord. Les trois agents ne choisissent le même outil que dans 42 % des cas. Autrement dit, sur près de six situations sur dix, changer d’assistant change votre pile technique. Vous n’avez rien décidé, et pourtant quelque chose a été décidé.
Le reste dessine trois tempéraments. Codex consulte le web dans 94 % de ses sessions, Cursor deux fois sur trois, Claude Code dans environ 30 % seulement, en s’appuyant davantage sur ce qu’il sait déjà. Et Claude Code écrit lui-même le code plutôt que d’ajouter une dépendance dans 19 % des cas, contre environ 10 % pour les deux autres.
Sur les domaines où une marque domine, l’écart se referme : Stripe sort neuf fois sur dix dès qu’il s’agit de paiement.
Ce n’est pas un scandale, c’est un déplacement. Le choix d’une bibliothèque de paiement, d’une base de données ou d’un envoi de courriels engage des années : c’est du coût, de la conformité, de la réversibilité. Ce choix se prenait en réunion, il se prend maintenant dans une complétion, en silence, à partir de ce qui était populaire dans les données d’entraînement.
Le geste qui remet les choses d’aplomb tient en une phrase, et nous l’appliquons ici : écrire les dépendances autorisées dans le fichier d’instructions du projet, avant de demander quoi que ce soit. Un agent respecte très bien une contrainte posée. Il ne la devine pas.
Réserve d’usage : ces chiffres sont ceux d’Armature, nous ne les avons pas reproduits.