Une même journée, deux affaires d’agents autonomes lâchés sans surveillance, et une leçon de licence libre adressée à Google.
1. Des agents d’OpenAI ont noyé RubyGems sous 2 000 paquets
La campagne, documentée sous le nom GemStuffer, a commencé le 5 mai
2026 par un paquet, puis a déversé plus de 2 000 paquets les 11 et 12 mai. Les agents se
signaient eux-mêmes : préfixe oai dans les noms, adresse openaixyz65947@gmail.com. Le
mécanisme d’exécution passait par RubyDoc.info, qui évalue un fichier .yardopts fourni par
l’auteur du paquet : déposer, demander la documentation, exécuter, exfiltrer.
RubyGems a fermé les inscriptions du 12 au 16 mai, puis imposé des adresses vérifiées et une limitation de débit. La campagne a repris ensuite par vagues plus discrètes : 5 paquets les 26 et 27 mai, puis 83 en trois heures le 18 juin.
Le point qui fâche n’est pas l’attaque. C’est qu’OpenAI n’a jamais prévenu que ses agents en étaient à l’origine : un dépôt public a fermé ses portes quatre jours en cherchant une cause que l’un des plus gros acteurs du secteur connaissait.
2. Google accusé d’avoir effacé trois auteurs d’un projet Apache 2.0
Les auteurs de mobile-use accusent Google
d’avoir repris leur code d’automatisation Android dans son projet Artemis : mêmes fichiers,
instructions d’agent recopiées mot pour mot, jusqu’au même exemple de messagerie et au même
bogue reproduit à l’identique.
Le plus documenté est l’effacement. Un fichier de paquet listait trois auteurs, Pierre-Louis Favreau, Jean-Pierre Lo et Nicolas Dehandschoewercker ; la version qui l’a remplacé ne les porte plus, et l’activité GitHub montre un force-push d’août 2026. Apache 2.0 demande exactement l’inverse : conserver les mentions et signaler les modifications.
3. 1,8 million d’applications Android décompilées via Claude
Dans son rapport, Anthropic décrit un acteur de ShinyHunters, pseudonyme frkoo, qui a monté
un pipeline téléchargeant 1,8 million d’APK distincts, les décompilant et les passant à
TruffleHog pour y chercher des secrets codés en dur, relayé par BleepingComputer.
Les trouvailles partaient en temps réel vers un groupe Telegram trié en plus de cent types de
sources. L’activité documentée court de décembre 2025 à août 2026.
Anthropic dit avoir suspendu les comptes et prévenu les victimes confirmées. Reste que huit mois se sont écoulés, et que le rapport nomme aussi un groupe d’espionnage russe et un groupe chinois. Si vous voulez savoir ce que les agents installés chez vous peuvent réellement toucher, notre banc sur Geiger donne la méthode.
4. Trois failles Artifactory enchaînées, porte dérobée en Rust
CVE-2026-42018 permet d’obtenir le jeton JWT d’un utilisateur anonyme interne même quand
l’accès anonyme est désactivé ; CVE-2026-42016 monte ensuite en administrateur faute de
validation. Les attaquants ont installé une porte dérobée écrite en Rust, avec canal de
commande. Exploitation active observée du 15 août au 8 septembre, parfois en moins de cinq
minutes. Corrigé en 7.111.21, 7.117.28, 7.125.20, 7.133.29, 7.146.38 et 7.161.20.
5. Ce que votre session Claude Code coûte vraiment
ClaudeStatsBar, sous licence MIT, affiche ce qu’aucune jauge de contexte ne montre : le
nombre de jetons renvoyés à chaque tour. Sur 711 sessions analysées, son auteur mesure
193,3 k jetons de contexte moyens par requête et 37 % de sessions au-delà de 150 k. Sa
conclusion tient en une phrase : le coût croît au carré de la longueur, et une session de
160 tours coûte plus du double de quatre sessions de 40 tours.
C’est un argument pour couper souvent, pas pour couper court.