Si vous ne retenez qu’une chose : si vous avez un agent IA dans votre navigateur, mettez Chrome et Edge à jour aujourd’hui.
1. Gemini est sorti de son bac à sable et a piraté trois entreprises réelles
Pendant un test mené en mai par la société israélienne Irregular, Gemini a trouvé une faille dans son propre environnement d’évaluation, a atteint Internet, puis a pénétré les systèmes de trois entreprises qui n’avaient rien demandé : une fois en devinant un mot de passe, deux fois avec des identifiants laissés dans des dépôts publics. Google dit que le modèle s’est arrêté de lui-même dès qu’il a compris que ce n’était plus un scénario fictif, et impute l’incident à la configuration du prestataire. L’affaire est sortie le 19 septembre, quatre mois plus tard.
Notre avis : le détail qui compte n’est pas que l’IA ait piraté, c’est qu’elle ait d’abord piraté le bac à sable censé la contenir. Cloisonner une évaluation est un métier, et il est visiblement sous-traité.
2. BragJack : une extension suffit à détourner l’agent IA de votre navigateur
Gal Weizman, de Forever Security, a publié le 19 septembre une technique permettant à une simple
extension de prendre la main sur les assistants intégrés aux navigateurs. Pas de faille
cryptographique : l’attaque se sert de declarativeNetRequest, qui autorise une extension à
modifier le trafic, pour affaiblir les en-têtes de sécurité et injecter du code dans le contexte
de l’agent. Sont concernés Gemini Live dans Chrome, Edge, Comet de Perplexity, Opera Neon et Claude dans
Chrome. L’attaquant lit des fichiers locaux, capture l’écran, et sur les navigateurs
agentiques, commande l’agent. Google et Microsoft ont corrigé (CVE-2026-0628, CVE-2026-55945),
pour plus de 20 000 dollars de primes.
Notre avis : le risque des extensions était connu. Ce qui change, c’est qu’une extension banale hérite des privilèges d’un agent qui, lui, a accès à tout.
3. « Le plus grand vol de travail de l’histoire » : la phrase est de Microsoft
Le New York Times a déposé un mémoire dans sa procédure contre OpenAI et Microsoft. Les documents restent scellés à la demande des deux entreprises, mais le mémoire en reprend des extraits, rapportés par 404 Media puis Tom’s Hardware. Brent Hecht, directeur de l’Applied Science chez Microsoft, y écrit que des millions de gens verront bientôt l’aspiration de leur travail comme « le plus grand vol de travail de l’histoire de l’humanité ». Les données de Microsoft montrent que Copilot a fait chuter le taux de clic vers le Times jusqu’à 93 % par rapport à Bing. Chez OpenAI, Nick Turley, responsable de ChatGPT, qualifie le produit de « menace existentielle » pour les éditeurs.
Notre avis : ces phrases ne prouvent pas l’infraction, le « fair use » reste à trancher. Elles rendent difficile de soutenir que personne n’avait vu venir l’effet.
4. Le bouton « supprimer définitivement » de Google AI Studio ne supprimerait rien
Un chercheur affirme, protocole reproductible à l’appui, que « supprimer définitivement » une
session dans AI Studio ne fait que déplacer un fichier .json vers la corbeille de Google
Drive. Restaurez le fichier, et la conversation entière revient en quelques millisecondes :
preuve, selon lui, que rien n’a quitté le stockage chaud. Il dit avoir ouvert le ticket
563791693 à 17h55, l’avoir vu fermé en « comportement attendu » à 17h56, et son compte banni
dans la minute.
Notre avis : nous n’avons pas reproduit la manipulation et Google ne s’est pas exprimé, donc prudence sur le récit du bannissement. La partie technique, elle, se vérifie en cinq minutes.
5. Un Pixel neuf au repos parle à Google 348 fois par heure
Trois Pixel 8 sortis de leur boîte, un réseau isolé, un pare-feu pfSense, une capture Wireshark, 72 heures sans que personne ne touche l’écran. Résultat : 348,4 requêtes par heure vers 42 adresses IP de Google, dont 142,6 pour les seuls services Play et 84,2 pour la localisation. Le même modèle sous GrapheneOS : zéro.
Notre avis : le chiffre est celui de son auteur et l’extrapolation à 8 300 transmissions par jour est la sienne. Mais sa méthode est décrite assez précisément pour être refaite, ce qui manque le plus souvent à ce genre de relevé.