Cinq infos, dont trois racontent ce que le code écrit par des modèles fait aux gens qui maintiennent le reste.
1. Cloudflare : refuser l’entraînement IA sans sortir de Google
Bloquer le robot d’un moteur qui sert aussi à entraîner des modèles revenait à disparaître des
résultats. Cloudflare ajoute un
réglage par domaine, « Disallow AI Training », qui écrit pour vous une règle robots.txt
visant Google-Extended et Applebot-Extended. Apple, Google et Microsoft sont classés
« Accountable » : ils s’engagent publiquement à ce que refuser l’entraînement ne touche pas le
classement. Bing ne lira cette préférence dans robots.txt qu’au début de 2027.
17 % des sites derrière Cloudflare bloquent déjà l’entraînement, moins de 1 % refusent les
moteurs. Ces deux lignes de robots.txt, vous pouvez les poser sans Cloudflare. Ce que
Cloudflare a obtenu, c’est l’engagement des trois.
2. NLnet Labs interdit le code généré sur Unbound
Unbound est le résolveur DNS que votre box ou votre distribution embarque sans vous le dire. Alex Band raconte ce que l’IA a fait à l’équipe : quinze personnes, dont douze développeurs, et depuis un an des rapports de sécurité assistés par des modèles, « parfois des centaines à la fois ». Les trier est devenu le travail à plein temps de l’équipe Unbound.
Leur politique, datée du 26 juin, tient en une ligne : tout code et toute documentation sont écrits par un humain, tout usage d’un modèle se déclare. Seule exception, un correctif suggéré joint à un rapport de vulnérabilité. C’est la règle de Void Linux, écrite par des gens qui tiennent une brique de l’Internet.
3. Trail of Bits démonte le banc de 1Password
Le 6 août, 1Password annonçait que les modèles ne produisent un correctif de sécurité propre que 26 % du temps. Trail of Bits a relu la méthode : six failles choisies pour leur difficulté, avec des taux de 3 à 60 % ; des consignes qui ordonnaient la mauvaise correction, soit 22 % des données ; plus d’un tiers des essais sans possibilité de compiler ni de tester (36 %).
En retirant ces cas, 2 634 correctifs sur 3 067 bloquent l’exploit fourni, soit 86 %, et bloquer un exploit n’est pas réparer, disent-ils eux-mêmes. Leur propre chiffre, sur 2 265 missions : un correctif humain sur huit rate sa cible au premier essai. Un banc mesure ce qu’on lui demande de mesurer.
4. Un pilote GPU Linux pour le Mac mini M4, en un mois, par des modèles
Asahi Linux tourne sur M1 et M2, avance sur M3, et le M4 n’a rien. Cody Ho, avec Niklas, publie un pilote complet : noyau, compilateur de shaders, et OpenGL ES 3.0 dans Mesa, suite de conformité passée. Chrome et Firefox font du WebGL, Minecraft tourne à 212 images par seconde.
Le tout en un mois, « principalement avec des modèles » : Codex pour rétro-concevoir le micrologiciel en rejouant ce que macOS fait sous un hyperviseur, Claude pour le désassembleur et Mesa. Sans eux, écrit-il, il n’aurait pas pu. Asahi ne l’a pas repris : le fil Hacker News parle d’un refus, le billet d’obstacles et d’un scepticisme face à « probablement le premier pilote GPU entièrement écrit par LLM ». Les deux infos précédentes disent pourquoi.
5. Grist retire le SSO de son édition communautaire
Depuis la version 1.7.18 du 28 août, l’authentification OIDC et SAML n’est plus prise en charge hors de l’édition complète de Grist : les cartes du panneau d’administration affichent « clé d’activation requise ». Ce qui tournait avant continue de tourner.
Sur le forum, l’éditeur assume : « l’open source seul ne fonctionne pas », et les structures sous un million de dollars de revenus peuvent demander une clé gratuite. Des participants, secteur public français en tête, répondent que ce SSO avait été financé par de l’argent public, et gèlent leur version. Le tableur des administrations vient de rappeler qu’il a un propriétaire.