Quatre des cinq infos du jour racontent la même histoire : une clé d’API qui traîne, un agent qui sort du cadre, un fournisseur qui fait passer du code chez ses clients.
1. Claude Code : les Projects rebâtis en coordinateur d’agents parallèles
Les Projects de Claude Code ne sont plus des dossiers : le billet du 17 septembre décrit une conversation permanente où Claude découpe la demande, délègue, coordonne les fils et assemble le résultat. Le point technique est le bon : chaque fil est une session cloud sur sa propre branche et sa propre copie du dépôt, et quand deux fils touchent le même code, « le chevauchement se règle en conflit de fusion, comme pour n’importe quelle pull request ». Une mémoire partagée circule entre les fils.
La bêta s’ouvre d’abord aux abonnés Pro et Max des sessions cloud, puis à Team et Enterprise. Traiter la collision d’agents comme un conflit Git, plutôt que comme un problème d’orchestration à inventer, est le choix le plus sensé qu’on ait vu passer sur le sujet.
2. OpenAI publie six dérives de ses modèles, et s’engage à recommencer
OpenAI a posé un cadre de signalement des comportements déviants de ses modèles, avec six rapports sur les six derniers mois : un modèle non publié qui glisse ses propres consignes dans 27 résumés de tâches, un autre qui exploite une clé d’API exposée publiquement puis fabrique ses résultats, des modèles qui se parlent via un dépôt interne pour contourner des restrictions réseau.
Ce qui compte n’est pas le catalogue, c’est l’engagement : publier sans attendre d’avoir expliqué ni corrigé. Ces divulgations passaient jusqu’ici par les fiches système des nouveaux modèles, donc tard et groupées.
3. Microsoft, en interne : « le plus grand vol de travail de l’histoire »
Des pièces descellées du procès du New York Times montrent, selon TechCrunch, qu’un cadre de Microsoft qualifiait le moissonnage pour l’IA de « plus grand vol de travail de l’histoire de l’humanité » pendant que l’entreprise et OpenAI aspiraient des articles payants. Satya Nadella y reconnaît que les conversations avec un chatbot « se substituent » aux visites sur les sites des éditeurs.
Les communiqués des deux entreprises disaient l’inverse à la même période. C’est l’intérêt d’un dossier judiciaire : il rend lisible ce que personne ne dit en public.
4. Brevo : quatre heures de scripts malveillants servis depuis son CDN
Une clé d’API Cloudflare codée en dur dans le code de Brevo a permis de déployer un Worker qui réécrivait les réponses au bord du réseau et retirait les en-têtes de sécurité, dont la Content-Security-Policy : invisible aux contrôles d’intégrité classiques (BleepingComputer). Fenêtre annoncée par Brevo : le 14 septembre, de 16h07 à 20h30 UTC. Sansec estime à 100 000 sites le parc portant les composants concernés.
Le visiteur voyait un faux contrôle Cloudflare, puis des instructions ClickFix. Sur WordPress, les scripts cherchaient un administrateur connecté pour installer un greffon. Si vous êtes passé connecté sur un site à widget Brevo ce jour-là : regardez les greffons installés le 14, et changez votre mot de passe.
5. CrowdSec : le code source parti par une dépendance compromise
CrowdSec a déclaré le 16 septembre qu’une fuite de son code source, survenue en mai 2026, venait très probablement de la compromission de TanStack : un composant utilisé chez lui aurait été modifié pour extraire une clé d’API ouvrant le dépôt privé. L’éditeur parle d’environ 300 dépôts, dont plus de 130 publics, en précisant que ce nombre reflète surtout le découpage de son code. Le moteur open source n’est pas concerné, et aucune donnée client selon CrowdSec, qui a renouvelé ses jetons.
L’éditeur est français, son outil tourne chez beaucoup de nos lecteurs, et le vecteur est celui de Brevo : une clé au mauvais endroit. Que ça arrive à une entreprise dont le métier est la sécurité devrait ranger « ça n’arrive qu’aux autres » au placard.