TL;DR : Linux tourne officiellement sur les Mac M3, avec trois défauts nommés d’avance. Et le mathématicien le plus écouté du monde explique pourquoi une preuve obtenue trop vite peut coûter plus qu’elle ne rapporte.
1. Asahi Linux supporte officiellement les Mac M3
Le projet l’a annoncé le 6 septembre : les Mac en M3, M3 Pro et M3 Max sont pris en charge par l’installateur. Selon James Calligeros, qui signe le billet, « presque tout ce qui est supporté sur les machines M1 et M2 fonctionne » : webcam, micros internes, USB 3.0, décodage vidéo accéléré AV1 compris, WiFi et Bluetooth.
Trois limites sont posées noir sur blanc, et c’est ce qui rend l’annonce crédible : pas de mise en veille, port HDMI désactivé sur les MacBook qui en ont un, pas d’accélération 3D performante. Le Mac Studio en M3 Ultra n’est pas concerné. L’installation reste en mode Expert, restriction que l’équipe veut lever pour la bêta de Fedora Linux 45.
2. Terence Tao : résoudre trop tôt par IA peut nuire aux mathématiques
Nous racontions hier la formalisation du dernier théorème de Fermat en onze jours. Voici le contrepoint, signé Terence Tao, médaille Fields, dans un message du 3 septembre.
En mathématiques pures, écrit-il, les problèmes ne sont pas posés parce qu’on veut leur solution, mais parce que l’effort humain pour les résoudre fait avancer le domaine. Résoudre un tel problème prématurément par des méthodes purement IA, « particulièrement sans transparence complète sur le processus de résolution », peut contaminer ce mécanisme au point de devenir un négatif net pour les mathématiques.
Ce n’est pas un refus de la machine, c’est une remarque sur ce qu’on perd quand on ne garde que le résultat.
3. Astra contre Fable sur des bras robotiques, mesuré par un tiers
Robocurve a publié le 4 septembre un banc d’essai qui fait piloter des bras robotiques à deux mains par des modèles de langage. Poser un bloc dans un bol : 19 essais réussis sur 20 pour GPT-6 Astra à 0,94 dollar l’essai, 8 sur 20 pour Claude Fable 5.1 à 2,12 dollars, 1 sur 20 pour Fable 5. Sur l’insertion d’une pièce de puzzle, les deux premiers tombent au même niveau, 2 sur 20.
À prendre pour ce que c’est : nous n’avons ni les bras, ni le montage, ni les journaux. C’est la mesure d’un tiers sur son propre banc. L’écart sur la première tâche est assez large pour être noté, l’effondrement commun sur la seconde dit surtout que la manipulation fine reste hors de portée.
4. Cloud in a Bottle veut rendre l’auto-hébergement ordinaire
Sorti le 5 septembre après six mois de développement à l’abri : un cloud personnel en AGPL-3.0, applications isolées dans des conteneurs sans privilèges root, authentification unique pour tout ce qui tourne dessus. Sur sa machine, sur un serveur loué, ou en instance gérée par Imbue, l’entreprise qui le développe.
Son auteur ne survend pas : le noyau est « pour l’essentiel complet et stable », mais le catalogue est petit et il reconnaît le problème de l’œuf et de la poule. Face à Nextcloud et YunoHost, c’est le premier à assumer un catalogue restreint plutôt qu’un magasin qui déborde.
5. Sa bibliothèque Jellyfin transformée en vidéoclub des années 90
Le plus inutile de la liste, ce qui est un compliment. Halcyon Video rebâtit une bibliothèque Jellyfin ou Plex en vidéoclub 1990 qu’on parcourt à pied : chaque film devient une jaquette sur une étagère, rangée par rayon, avec mur des nouveautés, bac à soldes et un vendeur qui conseille.
Le dépôt, en GPL-3.0, affichait 717 étoiles et 379 commits au relevé, avec 124 tickets ouverts. Et une démonstration publique tourne sur une bibliothèque fictive, sans compte ni serveur : rare pour un logiciel destiné à l’auto-hébergement.